Obsèques du Père Hugues Madesclaire, 26 avril 2010.
Les obsèques du P. Hugues Madesclaire ont été célébrées ce lundi 26 avril dans la basilique du Sacré-Cœur, emplie d’une foule de tous âges, dans une atmosphère paisible de recueillement et de
communion.
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La célébration était présidée par Mgr Georges Pontier, en présence du cardinal Bernard Panafieu qui a donné l’absoute et de 170 prêtres et diacres.
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Homélie de Mgr PONTIER - Messe de sépulture
du Père Hugues Madesclaire
Lundi 26 avril 2010 – Basilique du
Sacré-Cœur
Comprendre et expliquer : voilà ce que nous voudrions depuis maintenant six longues journées. Comprendre comment
le P. Hugues Madesclaire a pu en arriver là, expliquer ce qui s’est passé.
Et nous qui le connaissions, nous qui l’estimions, nous qui avons bénéficié de son ministère et nous qui nous voulions
proches de lui, nous sommes stupéfaits et interloqués.
Nous avons besoin que Jésus nous rejoigne sur la route de nos pourquoi pour les éclairer de la lumière de sa mort et de sa résurrection. Nous avons besoin qu’Il refasse pour nous le chemin
d’Emmaüs, qu’Il nous entende parler de ce qui vient de se passer, de nos explications et de nos suppositions, qu’Il voit notre air tout triste.
Ecoutons-le prendre la parole et rejoindre ses amis, non pas pour leur expliquer l’enchaînement des faits ou la
responsabilité des uns et des autres dans les événements de sa passion, mais pour leur révéler le mystère pascal, celui de ce Dieu d’amour qui emprunte et subit le chemin inexplicable du délire
humain, dans ses diverses manifestations, pour y faire triompher la lumière de la victoire sur le péché et sur la mort, la victoire du Père qui ne peut laisser son Fils bien-aimé connaître la
corruption.
Oui, mes amis, je crois très fort que c’est ce passage que nous sommes invités à faire : ne pas attendre que les
explications, même utiles, puissent nous donner la paix, mais recevoir la paix du cœur, de la force de la résurrection de Jésus qui triomphe, dans la faiblesse humaine, du péché des hommes et de
ses œuvres de mort. Il nous associe à sa victoire, Il nous rejoint pour rendre nos cœurs tout brûlants, pour nous redire sa présence, pour revivre avec nous le mystère pascal et nous relancer sur
les routes de la vie et celle de la communauté chrétienne.
Oui, nous croyons que sa prière au Père du haut de la croix est aussi pour notre frère Hugues et pour nous
autres : Père, pardonne-lui, Père, pardonne-lui, Père, pardonne-nous surtout quand nous ne savons pas ce que nous faisons, ce que nous nous faisons les uns aux autres !
Oui, Père, redis-nous que Tu es plus grand que notre coeur et que notre cœur a beau nous accuser, Toi, Tu es plus
grand que notre cœur et Tu connais toute chose. Toi, Seigneur, Tu connais chacun de nous mieux encore que nous nous connaissons, et jusque dans la profondeur de nos fragilités, la réalité de nos
erreurs, la permanence de nos blessures cachées et aussi dans la beauté de nos richesses humaines et de nos dons ! Tu sais tout et c’est pour cela que Tu es rempli de miséricorde. Tu sais
qu’argile nous sommes. Mais nous sommes à Toi ! Et Tu n’abandonnes pas celui que Tu as appelé à la vie, celui que Tu as appelé au baptême, celui que Tu as appelé au sacerdoce voici cinq
ans !
Oui, redis-nous qu’il y a mort et mort. Redis-nous aujourd’hui, par ton apôtre Jean :
« parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son
frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Mes enfants, nous devons aimer : non pas avec des paroles et des discours, mais par
des actes et en vérité ».
Oui, redis-nous cela. Que ta parole nous permette de relire la vie de Hugues à cette lumière et aussi nos vies
personnelles et communautaires. Oui, Seigneur, fais-nous entendre le chemin de l’amour en actes et en vérité comme un chemin porteur de vie et que la mort ne peut atteindre.
Et puis, Seigneur, Tu avais saisi notre frère Hugues par le mystère de l’Eucharistie, partagée, célébrée, vécue, ce
sacrement de ta présence réelle, de ta vie donnée pour que le monde ait la vie. Hugues a vécu de l’Eucharistie, il l’a célébrée avec bonheur et profondeur. Souvent, il priait devant le
Saint-Sacrement. Il y reconnaissait le signe de ta présence, comme Tu l’avais fait expérimenter aux disciples d’Emmaüs. Nous te rendons grâce pour son ministère de prêtre au milieu de nous. Nous
te rendons grâce pour ce que, les uns et les autres, nous avons reçu de lui et par lui.
Frères et sœurs, c’est à un pas de plus dans la foi que nous invite cet événement ! Seul Dieu peut tirer la vie
de la mort. Nous venons de le célébrer. Le temps pascal nous permet d’en saisir les multiples facettes. Nous remettons entre ses mains de Père notre frère et ami, Hugues.
C’est à un pas de plus dans l’amour que nous invite cet événement ! Seul Dieu peut nous tenir dans l’amour, la
délicatesse, l’écoute, la compréhension, la modestie, le soutien, le partage, l’engagement auprès de ceux qui n’ont rien. Qu’Il nous tienne dans l’amour, dans la vie de nos communautés
chrétiennes et dans nos vies de tous les jours.
C’est à un pas de plus dans l’espérance que nous invite cette mort ! Seul Dieu peut dominer les tempêtes que
subissent les barques de nos vies personnelles, et de nos vies ecclésiales. Nous connaissons le terme de notre espérance, c’est cette vie en Dieu ! Mais en attendant, nous croyons qu’Il ne
nous abandonne pas et qu’Il nous rejoint sur nos chemins d’Emmaüs, pour nous redire qu’Il est bien là, ressuscité, vivant et que son Esprit nous accompagne et nous donne et nous donnera tout ce
dont nous avons besoin pour poursuivre notre route, et que même Il nous donnera les prêtres dont notre Eglise a besoin, alors que nous pleurons celui qui vient de mourir trop tôt.
Oui, frères et sœurs : il est grand l’amour dont le Père nous a aimés. Il a voulu que nous soyons appelés enfants
de Dieu, et nous le sommes vraiment !
Telle est notre foi ! Telle est la lumière qui nous habite ! Telle est la source de notre espérance et de
notre vie !
La Vierge Marie avait l’habitude de garder
dans son cœur ce qui se passait et elle en accueillait toute la profondeur. Qu’elle nous soit un modèle pour relire tout comme elle et avancer dans une confiance sans faille en Celui qui a envoyé
son Fils dans le monde, non pas pour condamner le monde mais pour que, par Lui, le monde soit sauvé.
Qu’Il soit béni et loué. C’est à Lui que nous remettons avec respect et affection notre frère Hugues et que nous nous
confions nous-mêmes, les uns les autres, et en premier sa maman et sa soeur.
Amen.
+ Georges PONTIER
Archevêque de
Marseille
Pour écouter l'homélie : cliquez ici http://marseille.catholique.fr/Obseques-du-Pere-Hugues